.NO BODY, NEVER MIND

-Press

<Back

Rosita Boisseau, Chronic’Mag

25 janvier 2001

 

Tout aussi stimulante, dans un registre plus ludique, la recherche du vidéaste Sean Bacon pour le spectacle Nobody, never mind, du chorégraphe Fabrice Lambert et son groupe l’Expérience Harmaat. Un des trois interprètes est équipé d’une paire de lunettes-caméscope qui filme l’action, projetée en temps réel sur un écran. D’où un effet d’angles incongrus, de bascules bizarres, qui démultiplient la danse de façon vertigineuse en lui faisant perdre pied. Quant à la gestuelle de Fabrice Lambert, ex-interprète de Carolyn Carlson et Catherine Diverrès, elle fascine par sa souplesse acrobatique, son sens de l’urgence à fleur de peau et sa capacité à être graphique et charnelle. Le somptueux montage photo de Philippe Munda qui introduit la pièce, sorte de zapping de fragments de corps en noir et blanc, témoigne aussi du talent de Lambert à savoir s’entourer d’artistes novateurs.

 

 

Emerentienne Dubourg, Danse Danse Danse

mars-avril-mai 2001

 

Avec l’Expérience Harmaat, une autre dimension s’offre, c’est le type de pièce abstraite qui nous enveloppe d’effet de proximité et de distance en alternance. Fabrice Lambert se déplacera durant la moitié de la pièce avec une caméra qui sonde ses deux camarades de scène. Il y a une interaction permanente entre notre perception visuelle et l’œil de la caméra dont les visages et les images sont reproduites sur l’écran de fond de scène. La captation de cette intimité du mouvement au plus proche des corps rallie le chorégraphe à une poétique originale et fascinante. Le plateau est balayé par une éclipse de scène au mouvement rotatif accéléré, alors que les 3 interprètes se partagent le plateau : le mouvement est volontairement abstrait puis, peu à peu, il s’enrichit. Entre corps et esprit, il y a un éventail de solutions qui peuvent s’imposer. Les interprètes en donnent leur version parfois mécanique, comme ce lent déplacement caractéristique où ils cheminent avec l’apparence de paresseux, leur image transportée puis projetée derrière eux. La caméra suit l’évolution, leur affaissement, leur disparition. En mouvante observatrice, elle élargit le champ du geste sans le paraphraser ou le parasiter sur l’image. Puis l’abandon de ce microscope du mouvement crée une deuxième partie dans le spectacle. Reportage sur l’immobilisme, le film déroule ce qui se passe dans un isoloir « expérimental ». Une observation insistante, jamais voyeuriste, d’un défilé quotidien. Certaines personnes anonymes entrent, sortent et laissent sur le film l’empreinte expressive de leurs réactions, avec une certaine neutralité. Enfin, une troisième phase est l’observation du corps du danseur, exploratrice du micro-mouvement, du geste parcellaire et du grain de la peau. Le corps fait office de paysage et d’espace : il est aussi matière et Fabrice Lambert en découpe le temps, aidé en cela par le photographe Philippe Munda.

Go to Harmaat page Go to creations pop up Go to News page
Go to Contact page Go to Contact page