No body, never mind est le fruit de la rencontre de Fabrice Lambert avec Philippe Munda, photographe, et Sean Bacon, vidéaste. A qui appartient, dans la représentation chorégraphique, le regard sur le corps ? C’est cette question que No body, never mind reconduit sur scène en interrogeant le regard (du photographe sur scène, du vidéaste en salle) sur le mouvement des danseurs (Fabrice Lambert et Hanna Hedman), le corps et l'image du corps, par un dispositif vidéo qui opère une rupture de la frontalité spectateur/danseur.
Le photographe sur le plateau est équipé d’une micro caméra numérique fixée sur des lunettes (issues des laboratoires de recherche Miklivision). Son regard enregistre ainsi le mouvement des danseurs qui est projeté sur un écran et rythmé par un vidéaste en temps réel.
Le projet tend à mettre en regard les relations du corps à l’image, à travers la vidéo et le mouvement dansé.
Le fonctionnement de la vision
La vision débute avec l'entrée des rayons de la lumière dans l’œil à travers la cornée, le premier tissu transparent. Puis, les rayons passent à travers la pupille, cette ouverture ronde au centre de l'iris, la partie colorée de l’œil. La pupille varie de grandeur selon la quantité de lumière qui entre dans les yeux. Les rayons passent ensuite à travers le cristallin qui, en modifiant sa forme, focalise les rayons selon l'objet regardé : c'est la mise à foyer de l’œil. Enfin, la lumière atteint la rétine et son énergie excite les cellules, créant un influx nerveux qui voyage ensuite via le nerf optique, au cerveau, pour l'interprétation de ce que l'on voit.
D'un côté, il y a le «film cérébral», ce grand show multimédia (les images, les sons, les sensations) que nous avons dans la tête. De l'autre, il s'agit de savoir à qui appartient ce film: c'est le problème du soi. Presque tout le monde étudie le film cérébral, mais on doit aussi se demander comment le cerveau et le corps construisent le «c'est à moi qu'appartient ce film», le sens du soi.
No body, never mind – (variation de traductions par David Le Barzic)
« Personne, peu importe; Pas de corps, jamais d'esprit ; Personne, jamais d'esprit ; Pas de corps, peu importe ; Non au corps, jamais à l'esprit ; "pas a pas, corps a corps", "pas de deux corps", "jamais pas de deux corps", "jamais plus de deux corps", "jamais d'esprit, rien de corps", "jamais d'accord, pas d'esprit" "esprit de deux, pas d'accord", " pas plus de deux esprits par corps", "peu d'esprit, pas importe", "pas d'esprit, peu importe" "pas d'esprit importe peu", "peu d'esprit, qu'importe le pas", "peu d'esprit n'importe pas", "pas au corps, jamais a l'esprit", "pas d'esprit, jamais de corps", "port de pas n'esprit jamais", "pas d'esprit ne corps jamais", etc. »