Le Rêve est au bord de plusieurs points de vue : celui de deux artistes du mouvement qui élaborent chacun une substance de rêve autour de leur propre identité. Par la confrontation de ces deux matières vivantes s’opère le dialogue de deux onirismes parties d’une même origine : la question du soi.
Le résultat de cette recherche est présenté sous la forme d’un dialogue entre un film de court-métrage et un solo de danse.
Le point de départ est une envie de s’intéresser au travail d’investigation par l’accumulation, la reconstitution et la recomposition : réussir à identifier le corps.
La question de l’identité pose la double information de temps et de lieu de notre propre rêve.
Un processus d’accumulation d’informations afin d’obtenir un certain nombre d’objets et d’indices pour pouvoir révéler le rêve. Ce rêve se situe aux frontières de notre identité, dans des territoires menacés de la mémoire. C’est le rêve du temps à l’envers et suspendu. C’est l’eau qu’il y a dedans.
Au travers des paysages autonomes de la conscience, extraire du rêve l’irrégularité de ses contours géographiques.
Le Rêve
Une proposition faite à une artiste plasticienne-vidéo : Anna Ådahl
Une interface entre le réel et la fiction. Dans des paysages souvent déshumanisés mais surtout partout où le réel donne une place aux errances mentales. Chaque fois, un simple détail fait basculer la vision de la réalité dans le merveilleux.
Depuis quelques années, les installations vidéo d'Anna Ådahl se sont étendues sur d'autres personnages. Des individus qui dans ses séquences filmiques évoluent silencieusement dans un décor qui est à l'image de leur aura. Un décor en relation avec ce que leur personnalité dégage. Ces séquences s'étoffent généralement d'une dimension énigmatique.
Ce projet de collaboration est basé sur un dialogue établi entre l’image filmique et le corps en mouvement : celui d’une chorégraphie du mouvement de la caméra pareil au mouvement (chorégraphié) du corps.
Grâce à l’image filmique nous envisageons la scène autrement pour pénétrer dans les détails de l’espace du corps.
L’envie de créer une tension-suspense en filmant le corps, reconstruisant son labyrinthe de tensions. Ce lieu ou le spectateur se perd dans la fiction du corps en reconstruction et le corps dans sa forme « réelle », filmé en entier.
Anita Mathieu, Programme des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis 2002
Le Rêve est un dialogue entre image filmique et corps en mouvement. Le film nous projette au plus près du corps par une succession de plans serrés. Sur scène, le cadre s’élargit : la danse ouvre l’espace et le regard. Capturé par des images oniriques, le spectateur perd ses repères et cherche à recomposer les mouvements dans un nouveau rapport à la réalité.