Gravity is both an installation and a choreography. A body leans on a stretch of smooth water (5 m x 5m) through which light and sound constantly come, revealing, in doing so, the slightest movements on the water. United by these movements, body and water become one entity; they are fused into one graphic image created through this process and not by a video projection. Thanks to the very precise orientation of the light, the image is reflected on a white screen placed behind the water. The body first seems to float above this surface, but the construction of its supports reveals the water’s texture. The way the body adjusts to terrestrial gravity is expressed through the water’s movements as a series of pictures in motion.
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Propos recueillis par Stefanie Knobel/
Institut für Theaterwissenschaft Bern
1) Gravité nous confronte avec deux différents corps qui ne sont quand même qu’un et le même : Avec l’aide d’un procédé graphique on crée de votre corps un second corps, une sorte de monstre-corps qui obtient sa réalité seulement par la matérialité de l’eau. Dans quelle mesure ce monstre- corps flottant dans l’eau influence l’économie de vos gestes ?
La composition du dispositif donne au corps son environnement temporel et spatial. Le corps habite ces contraintes qui le font exister dans la pièce au même titre que la gravité opère sur le corps au quotidien. Je dirais que l’image générée par la réflexion du corps au travers de l’eau est la conséquence de ce rapport vital. La nature de l’élément eau donne au corps sa texture, sa formation-déformation, son rapport au temps. Les figures traversées sont créées pour que le spectateur les investisse.
2) Pourquoi, finalement dans la pièce, vous n’avez pas du tout employé la vidéo ?
Ce qui m’intéresse était de recréer une image mobile mais faite de lumière sans passer par les moyens de la vidéo. Je voulais revenir aux fondamentaux de la lumière, de sa direction et de sa quantité.
3) Dans Gravité vous recherchez largement et profondément les qualités de la matérialité de l’eau. Qu’est-ce qui vous a donné l’impulse de confronter ces qualités avec vos mouvements, votre corps ?
L’enjeu du projet était de donner à voir l’invisible des réseaux de force qui nous construisent. L’eau a été l’élément grâce auquel la notion de gravité a pu être rendue visible dans l’image. Le corps dans cet espace eau-lumière a fait son travail de corps.